La fiscalité est la première question que se posent les retraités français envisageant le Portugal. En 2026, la situation a changé : le régime RNH (Résident Non Habituel), qui a attiré des milliers de retraités européens pendant une décennie, n'est plus accessible aux nouveaux arrivants. Les retraités qui s'installent aujourd'hui sont soumis au régime d'imposition standard portugais, mais bénéficient de l'absence de CSG-CRDS.
Cette nouvelle donne ne rend pas le Portugal inintéressant, mais elle change le calcul. Selon votre niveau de pension, vous pourriez payer plus ou moins d'impôts qu'en France. Cet article approfondi décrypte le régime fiscal applicable, la convention bilatérale qui évite la double imposition, les stratégies d'optimisation, et les démarches déclaratives concrètes.
Table des matières
- Ce qu'il faut retenir
- La fin du RNH : chronologie et impacts
- Le barème d'imposition progressif (2026)
- Comparaison France vs Portugal : cas concrets
- CSG-CRDS : l'économie majeure
- La convention fiscale France-Portugal
- Types de revenus : qui paie où
- Déductions, crédits et optimisations
- Déclarations : calendrier et procédures
- Exemples illustratifs : 5 profils fiscaux
- Erreurs courantes à éviter
- Spécificités avant et après l'arrivée
- Tableau récapitulatif comparatif
- Questions fréquentes
📌 Ce qu'il faut retenir
- Le régime RNH a été supprimé pour les nouveaux résidents depuis le 1er janvier 2024. Aucun régime de substitution n'existe.
- Les retraités installés en 2026 sont imposés selon le barème progressif portugais : 14,5% à 48% selon tranches de revenu.
- Gain majeur : absence de CSG-CRDS (9,7%) sur les pensions, qui compense en partie l'imposition portugaise.
- La convention fiscale France-Portugal empêche la double imposition : chaque revenu est imposé une seule fois.
- Les pensions privées (Agirc-Arrco) sont imposées au Portugal ; les pensions publiques (fonctionnaires) en France.
- Un audit fiscal personnalisé avant le départ peut vous faire économiser 1 000-3 000€/an selon votre profil.
La fin du RNH : chronologie et impacts réels
Le statut de Résident Non Habituel a été créé en 2009 pour attirer les résidents étrangers au Portugal. Pour les retraités, c'était une aubaine :
Avantages du RNH (2009-2023) :
- Exonération totale d'impôt sur les pensions de retraite étrangères les 10 premières années
- Taxation réduite à 10% ensuite (si conditions remplies)
- S'appliquait aux pensions CNAV, Agirc-Arrco, assurance-vie
- Attractif pour les classes moyennes et supérieures
Bénéficiaires de transition :
- Retraités ayant demandé le RNH avant le 31 décembre 2023 conservent cet avantage pour la durée restante (jusqu'à 10 ans).
- Les quelques rares bénéficiaires RNH en 2026 paient donc zéro impôt sur leurs pensions.
Nouvelle réalité (2024+) :
- Fin abrupte : aucun régime intermédiaire
- Les nouveaux résidents en 2026 sont taxés immédiatement selon le barème progressif
Impact chiffré sur les retraités :
Un retraité avec 30 000€ de pension annuelle :
- Avant (avec RNH) : 0€ d'impôt sur les 10 ans, puis impôts progressifs
- Après (sans RNH) : 5 000-6 000€ d'impôts annuels post-RNH
- Perte fiscale annuelle : ~5 000€/an
Cependant, il y a une compensation majeure : l'absence de CSG-CRDS (voir section dédiée). Cette situation nouvelle nécessite une approche fiscale différente. Pour plus d'informations sur votre installation globale, consultez notre guide complet sur la retraite au Portugal.
Le barème d'imposition progressif (2026)
Les revenus des résidents fiscaux au Portugal sont imposés selon un barème progressif (source : Autoridade Tributária / Portal das Finanças). Voici les tranches applicables en 2026 :
| Tranche de revenu imposable | Taux marginal | Surtaxe solidarité |
|---|---|---|
| Jusqu'à 7 703 € | 14,5% | — |
| 7 703 € – 11 623 € | 21% | — |
| 11 623 € – 16 472 € | 26,5% | — |
| 16 472 € – 21 321 € | 28,5% | — |
| 21 321 € – 27 146 € | 35% | — |
| 27 146 € – 39 791 € | 37% | — |
| 39 791 € – 51 997 € | 43,5% | — |
| 51 997 € – 80 000 € | 45% | — |
| 80 000 € – 250 000 € | 48% | + 2,5% |
| Au-delà de 250 000 € | 48% | + 5% |
Calcul du taux effectif
Le barème est cumulatif. Exemple pour 30 000€ de revenus imposables :
- Tranche 1 (7 703€ @ 14,5%) = 1 117€
- Tranche 2 (3 920€ @ 21%) = 824€
- Tranche 3 (4 849€ @ 26,5%) = 1 285€
- Tranche 4 (7 528€ @ 28,5%) = 2 145€
- Tranche 5 (6 000€ @ 35%) = 2 100€
- Impôt total = 7 471€
- Taux effectif = 24,9%
Comparaison France vs Portugal : cas concrets
La comparaison réelle dépend de votre composition de revenus. Voici quatre scénarios types :
Scénario 1 : Pension modeste (15 000€/an)
En France :
- Impôt sur le revenu : ~600€
- CSG-CRDS : 1 455€ (9,7%)
- Total impôts : 2 055€ (13,7%)
Au Portugal :
- Impôt progressif : 15 000€ × 14,5% (tranche 1) = 2 175€
- CSG-CRDS : 0€
- Total impôts : 2 175€ (14,5%)
Verdict : Portugal légèrement plus cher (+140€/an), mais pas significatif.
Scénario 2 : Pension moyenne (24 000€/an)
En France :
- Impôt sur le revenu : ~1 100€
- CSG-CRDS : 2 328€
- Total impôts : 3 428€ (14,3%)
Au Portugal :
- Impôt progressif (barème cumulatif) : ~5 200€
- CSG-CRDS : 0€
- Total impôts : 5 200€ (21,7%)
Verdict : Portugal plus cher de 1 772€/an. Cependant, le coût de la vie inférieur compense (économies ~300€/mois).
💡 Bon à savoir
Pour les pensions moyennes, le calcul doit inclure le coût de la vie réduit au Portugal. Un couple dépensant 1 800€/mois au Portugal (vs 2 300€ en France) compense largement la fiscalité supplémentaire.
Scénario 3 : Pension élevée (42 000€/an)
En France :
- Impôt sur le revenu : ~4 700€
- CSG-CRDS : 4 074€
- Total impôts : 8 774€ (20,9%)
Au Portugal :
- Impôt progressif : ~10 500€
- CSG-CRDS : 0€
- Total impôts : 10 500€ (25%)
Verdict : Portugal plus cher de 1 726€/an, mais moins qu'on le pense. Coût de la vie inférieur compense.
Scénario 4 : Pension très élevée + revenus financiers (60 000€/an)
Composition : 40 000€ pension + 20 000€ dividendes
En France :
- Impôt sur revenu : ~10 000€
- CSG-CRDS : 5 820€
- Prélèvement forfaitaire sur dividendes : ~3 000€
- Total impôts : 18 820€ (31,4%)
Au Portugal :
- Impôt progressif : ~14 200€
- Impôt dividendes : Variable selon retenue source (15-25%)
- CSG-CRDS : 0€
- Total impôts estimés : 17 500€ (29,2%)
Verdict : Portugal plus avantageux de 1 320€/an. Pour les patrimoines importants, Portugal devient attractif.
CSG-CRDS : l'économie majeure
C'est souvent la grande surprise positive. En tant que résident fiscal portugais, vous n'êtes plus redevable de :
- CSG (Contribution Sociale Généralisée) : 9,2% des pensions
- CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale) : 0,5% des pensions
- Total économisé : 9,7%
Exemple concret
Pension annuelle : 24 000€
- Gain CSG-CRDS : 24 000€ × 9,7% = 2 328€/an
Ce gain compense largement l'imposition supplémentaire au Portugal pour les pensions moyennes.
Condition importante : Cette exonération ne s'applique que si vous êtes effectivement résident fiscal au Portugal (résidence principale, centre des intérêts vitaux, ou 183+ jours/an).
La convention fiscale France-Portugal
La convention bilatérale de 1971 (modifiée en 2016) définit quel pays a le droit d'imposer chaque type de revenu. Voici les règles principales :
Pensions de retraite
Pensions privées (CNAV, Agirc-Arrco) :
- Imposées uniquement au Portugal (pays de résidence)
- Exonérées de CSG-CRDS
- Exemple : votre pension de 2 000€/mois paie impôts au Portugal uniquement
Pensions publiques de fonctionnaires :
- Imposées en France (pays de source)
- Sauf si vous êtes devenu citoyen portugais
- Exemple : retraité de la Fonction Publique paie impôts en France sur sa pension
Revenus fonciers
Loyers perçus en France : imposés en France d'abord, avec crédit d'impôt au Portugal pour éviter double imposition.
Exemple :
- Loyer collecté : 1 000€
- Impôt France (25%) : 250€
- Impôt Portugal (26,5% marginal) : 265€
- Crédit d'impôt Portugal pour impôt payé en France : -250€
- Impôt net Portugal : 15€
Revenus financiers
- Intérêts bancaires : imposés au Portugal
- Dividendes français : retenue à la source 15% en France (créditable au Portugal)
- Plus-values boursières : impôt sur gains en bourse selon lois locales
⚠️ Attention
La convention fiscale prévient la double imposition, mais vous devez encore déclarer vos revenus dans les deux pays (France + Portugal). Pas de déclaration = pénalités + rattrapages fiscal.
Types de revenus : qui paie où
Les règles de la convention fiscale varient selon la nature du revenu. Voici un tableau récapitulatif des principaux types de revenus :
| Type de revenu | Imposé en France | Imposé au Portugal | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Pension CNAV/Agirc-Arrco | Non | Oui | Exonérée CSG-CRDS au Portugal |
| Pension fonctionnaire | Oui | Non (crédit impôt) | Sauf si citoyen portugais |
| Loyers immobilier français | Oui | Oui (crédit) | Double déclaration obligatoire |
| Intérêts bancaires | Non (si résident PT) | Oui | Déclaration au Portugal |
| Dividendes français | Retenue 15% | Oui (crédit) | Impôt final au Portugal |
| Plus-values boursières | Possible impôt FR | Oui si résident PT | Consulter expert pour montages |
Déductions, crédits et optimisations fiscales
Au Portugal, plusieurs leviers permettent de réduire votre charge fiscale :
Déductions personnelles
Le barème portugais prévoit des déductions pour :
- Frais de santé : jusqu'à 15% des revenus
- Cotisations retraite volontaires : jusqu'à 10% des revenus
- Dons caritatifs : jusqu'à 15% des revenus
- Frais de scolarité : déductions forfaitaires
- Intérêts hypothécaires : jusqu'à 15% pour propriétaires
Imposition séparée ou conjointe
Les couples mariés/pacsés peuvent choisir entre :
- Déclaration conjointe : souvent plus avantageuse (quotient familial)
- Déclaration séparée : si revenus très dissemblables
Timing du changement de résidence
L'année de transition peut être optimisée :
- Si vous quittez la France en juin, vous êtes redevable CSG-CRDS jusqu'en mai
- Timing optimal : partir après le 31 décembre (économie CSG-CRDS totale sur l'année)
Restructuration du patrimoine avant le départ
Certains revenus peuvent être restructurés pour minimiser l'impact fiscal :
- Assurance-vie : sortir en capital (fiscalité réduite) avant le départ
- PEA : envisager de rester propriétaire du compte (exonération PEA préservée)
- Immobilier français : vente avant expatriation pour capitaliser les moins-values
Coût d'un audit fiscal spécialisé : 200-500€ auprès d'un cabinet franco-portugais. Économies potentielles : 1 000-3 000€/an selon votre profil.
💡 Bon à savoir
Un audit fiscal réalisé 6-12 mois avant votre départ permet d'ajuster votre stratégie patrimoniale (assurance-vie, PEA, placement) et de sécuriser vos déductions. C'est un investissement rentable sur 5-10 ans.
Déclarations : calendrier et procédures concrètes
Vous devez déclarer vos revenus à la fois en France et au Portugal. Voici le calendrier exact et les sites à connaître.
Déclaration au Portugal
Quand : 1er avril – 30 juin chaque année Comment : En ligne sur le portail des Finanças (www.portaldasfinancas.gov.pt) Langues : Portugais (English limité) Aide : Services des Finanças gratuits (rendez-vous sur demande)
Éléments à déclarer :
- Pensions étrangères (annexe J)
- Revenus immobiliers
- Revenus financiers
- Déductions applicables (santé, dons, etc.)
Déclaration en France
Quand : Jusqu'au 15 mai (pour résidents français), jusqu'au 30 juin pour non-résidents Comment : www.impots.gouv.fr (rubrique "Étrangers") Destinataire : Service des Impôts des Non-Résidents (SIPNR), Noisy-le-Grand Adresse : Impôts, 10 rue du Centre, 93160 Noisy-le-Grand
Éléments à déclarer :
- Pensions publiques (si applicable)
- Revenus fonciers français
- Revenus financiers français
- Crédits d'impôt étrangers
Documents à conserver
- Avis d'imposition aux deux pays
- Certificat de résidence portugais
- Justificatifs de revenus étrangers
- Reçus médicaux/dons (pour déductions)
- Calculs de crédit d'impôt (éviter litiges ultérieurs)
Exemples illustratifs : 5 profils fiscaux détaillés
Cas 1 : Jeanne, 72 ans, pension CNAV seule (16 000€/an)
Situation :
- Pension CNAV : 16 000€ (publique)
- Pas d'autres revenus
- S'installe à Cascais
Impôts en France (avant expatriation) :
- Impôt : ~400€
- CSG-CRDS : 1 552€
- Total : 1 952€ (12,2%)
Impôts au Portugal (après expatriation) :
- Imposition pension publique : en France (convention)
- Pas d'impôt au Portugal sur la CNAV
- Total : ~400€ (2,5%)
Gagnant : Portugal. Économie : 1 552€/an (CSG-CRDS), moins impôts supplémentaires = gain net ~1 000€/an.
Conseil : Jeanne gagne à s'expatrier, même avec une pension modeste.
Cas 2 : Marc & Véronique, 68 & 66, couple, (28 000€/an)
Situation :
- CNAV (couple) : 18 000€/an
- Agirc-Arrco (couple) : 10 000€/an
- Petite location française : 2 000€/an
- S'installe à Faro
Impôts en France (avant) :
- Impôt sur revenu : ~1 500€
- CSG-CRDS pensions : 2 716€
- Impôt location : 600€
- Total : 4 816€ (17,2%)
Impôts au Portugal (après) :
- CNAV imposée en France : ~500€ (impôt seulement)
- Agirc-Arrco imposée au Portugal : ~2 150€
- Location imposée en France : ~600€ (crédit d'impôt Portugal)
- Total impôts : ~3 250€ (11,6%)
Gagnant : Portugal. Économie : 1 566€/an (CSG-CRDS + impôt réduit).
Note : Déclaration requise dans les deux pays (location en France).
Cas 3 : Jean-Paul, 70, patrimoine (45 000€/an revenus)
Situation :
- Pension CNAV : 20 000€
- Pension Agirc-Arrco : 8 000€
- Dividendes boursiers : 12 000€
- Revenus fonciers France : 5 000€
- S'installe à Lisbonne
Impôts en France (avant) :
- Impôt sur revenu : ~6 500€
- CSG-CRDS : 4 365€
- PFU dividendes : ~2 400€
- Total : ~13 265€ (29,5%)
Impôts au Portugal (après) :
- Pensions au Portugal : ~7 500€
- Dividendes au Portugal (post retenue 15% FR) : ~2 040€ + crédit
- Revenus fonciers en France : ~1 500€ + crédit
- Total impôts : ~11 040€ (24,5%)
Gagnant : Portugal. Économie : 2 225€/an.
Note : Patrimoines importants bénéficient davantage d'une expatriation fiscale.
Cas 4 : Solange, 73, retraitée modeste + capital (8 000€/an revenu)
Situation :
- Pension CNAV : 8 000€/an
- Intérêts bancaires capital : 0€ (Livret A 2% = ~160€, non imposable)
- Capital : 100 000€
- S'installe en Alentejo
Impôts en France (avant) :
- Impôt sur revenu : 0€ (sous seuil)
- CSG-CRDS : 776€
- Total : 776€ (9,7%)
Impôts au Portugal (après) :
- Pension CNAV en France : 0€
- Intérêts au Portugal : ~150€
- Total : ~150€ (1,9%)
Gagnant : Portugal. Économie : 626€/an (CSG-CRDS).
Note : Les petites pensions bénéficient aussi de l'absence CSG-CRDS.
Cas 5 : Patricia, 65, cadre retraitée (38 000€/an revenus mixtes)
Situation :
- Pension CNAV : 15 000€
- Pension Agirc-Arrco : 15 000€
- Revenus fonciers France : 8 000€
- S'installe en Algarve
Impôts en France (avant) :
- Impôt sur revenu : ~2 800€
- CSG-CRDS pensions : 2 910€
- Impôt foncier : 2 400€
- Total : ~8 110€ (21,3%)
Impôts au Portugal (après) :
- Pensions au Portugal : ~6 450€
- Revenus fonciers (en France + crédit PT) : ~1 900€
- CSG-CRDS : 0€
- Total impôts : ~8 350€ (22%)
Verdict : Quasi équivalent, mais gain qualitatif : coût de la vie inférieur ~20%, retraite plus agréable.
Erreurs courantes à éviter
Erreur 1 : Ne pas déclarer ses revenus en France
Risque : Pénalités + rattrapages + intérêts de retard.
- Manque 1 an de déclaration = 10% de pénalité + intérêts légaux
- Oubli récurrent = fraude fiscale (40% de pénalité)
À faire : Déclarer aux deux pays, même s'il y a crédit d'impôt.
Erreur 2 : Penser qu'il n'y a aucun impôt sans RNH
Réalité : Tous les résidents fiscaux paient impôts au Portugal.
- Sans RNH, pas d'exonération automatique
- Barème progressif s'applique dès le 1er euro de revenu
Erreur 3 : Oublier les surtaxes de solidarité
Risque : Surtaxe 2,5% à partir de 80 000€, 5% à partir de 250 000€ annuels.
- Nombreux patrimoines importants oublient cette surtaxe
- Peut augmenter la charge effective de 1-2%
Erreur 4 : Ne pas utiliser les déductions
Perte : Les déductions (santé, dons, intérêts) peuvent réduire 1 000-2 000€ d'impôts.
- Beaucoup de retraités les ignorent
- Exige de garder justificatifs
Erreur 5 : Choisir mauvais timing de départ
Exemple : Partir en janvier gaspille CSG-CRDS de décembre.
- Optimal : partir après 31 décembre (économie CSG-CRDS complète l'année)
- Sinon : partir en juillet = perte CSG-CRDS 6 mois
Erreur 6 : Confondre résidence fiscale et résidence administrative
Cas typique : Antonio, 69 ans, installe sa résidence principale au Portugal en mars 2026, mais conserve son adresse administrative française jusqu'en juillet. Résultat : double imposition partielle et complications administratives.
À éviter : Synchroniser les changements d'adresse fiscale et administrative dans la même période.
Erreur 7 : Négliger les délais du NIF et de la résidence légale
Risque courant : Débuter les déclarations avant d'avoir le NIF portugais (Numéro d'Identifiant Fiscal) validé.
- Sans NIF officiel, les déclarations ne sont pas acceptées
- Délai moyen : 2-3 semaines après demande
- À demander immédiatement à l'arrivée auprès du SEF ou services fiscaux
Consultez notre guide complet pour obtenir le NIF au Portugal pour les étapes exactes.
Spécificités avant et après l'arrivée
Avant le départ : démarches fiscales préalables
6-12 mois avant :
- Audit fiscal avec expert franco-portugais (vérifier structure PEA, assurance-vie, immobilier)
- Notification au centre des impôts français de votre changement de résidence (formulaire 2754)
- Demande de certificat de résidence auprès de la mairie (pour prouver dernière année en France)
3 mois avant :
- Prendre rendez-vous pour obtenir NIF au Portugal (en ligne ou sur place)
- Contacter Agirc-Arrco et CNAV pour mise à jour adresse (essentiel pour versements)
- Transférer domiciliation bancaire vers banque portugaise (TSP)
Après l'arrivée : régularisation
Année 1 :
- Obtenir certificat de résidence portugais (indispensable pour déclarations)
- Première déclaration IRS au Portugal (avril-juin N+1)
- Déclaration SIPNR en France pour montrer changement résidence
- Mise à jour de l'adresse auprès de tous organismes sociaux
Année 2+ :
- Déclarations annuelles routinières (plus faciles après année 1)
- Ajustement des prélèvements à la source selon premiers avis
⚠️ Attention
Ne pas déclarer le changement de résidence à la mairie française peut créer une double résidence fiscale temporaire. Cela entrave le traitement du crédit d'impôt entre les deux pays et allonge les délais de remboursement de 6-12 mois.
Tableau récapitulatif : comparaison fiscale par profil
| Profil | Impôts France | Impôts Portugal | Avantage | Gain/Perte €/an |
|---|---|---|---|---|
| Pension modeste (15k€) | 2 055€ | 2 175€ | France | -120€ |
| Pension moyenne (24k€) | 3 428€ | 5 200€ | France | -1 772€ |
| Pension élevée (42k€) | 8 774€ | 10 500€ | France | -1 726€ |
| Patrimoine (60k€) | 18 820€ | 17 500€ | Portugal | +1 320€ |
Lecture : Pour pensions modestes-moyennes, France reste avantageuse fiscalement. Mais : intégrer coût de la vie (~20% inférieur) inverse l'équation. Pour patrimoines importants, Portugal devient attractif même fiscalement.
Questions fréquentes
Le RNH est-il vraiment terminé pour tous en 2024 ?
Oui, le RNH a officiellement pris fin le 1er janvier 2024 pour les nouveaux demandeurs. Les résidents ayant obtenu le statut RNH avant le 31 décembre 2023 conservent leurs avantages pour la durée restante (jusqu'à 10 ans), mais aucun nouveau dossier n'est accepté depuis 2024. Pour les retraités s'installant en 2026, il n'existe aucun régime de remplacement comparable.
Dois-je vraiment déclarer mes impôts dans les deux pays ?
Oui. Même si la convention fiscale évite la double imposition, vous êtes obligatoirement redevable de déclarer vos revenus auprès des deux administrations :
- France : auprès du SIPNR (Non-Résidents)
- Portugal : auprès de la Autoridade Tributária
Ne pas déclarer dans un pays = pénalités + intérêts (même si l'autre pays exonère).
CSG-CRDS : c'est une exonération permanente ?
Oui, tant que vous restez résident fiscal au Portugal. L'exonération n'est automatique que si vos revenus proviennent entièrement de l'étranger et que vous n'exercez aucune activité professionnelle en France. Les retraités purs en bénéficient. Certains revenus fonciers français peuvent être soumis à CSG réduite.
Quel est le meilleur moment dans l'année pour partir en Portugal ?
Fiscalement : après le 31 décembre (économie CSG-CRDS complète l'année N+1). Administrativement : septembre-novembre (moins affluent aux SEF, déclarations moins saturées). Éliminer janvier-février : retards déclarations impôts français.
Je n'ai qu'une petite pension, vaut-il vraiment le coup de partir ?
Pour les pensions modestes (8 000-15 000€/an), l'avantage fiscal est nul ou faible. Mais :
- Coût de la vie 20-25% inférieur compense largement
- Climat et qualité de vie supérieurs
- Réseau expatriés important
- Soins de santé accessibles et économiques
Intégrer ces facteurs : Portugal reste intéressant même pour petites pensions.
Que se passe-t-il si j'ai des revenus immobiliers en France ?
Vous déclarez auprès des deux pays :
- France : chiffre brut des loyers
- Portugal : intégration aux revenus globaux + crédit d'impôt pour impôt FR
Exemple : 10 000€ de loyers nets
- Impôt France (25%) = 2 500€
- Impôt Portugal marginal (28,5%) = 2 850€
- Crédit d'impôt Portugal pour impôt FR = -2 500€
- Impôt total : 2 850€ (surcoût faible), à considérer selon autres revenus.
Quels documents vais-je devoir fournir chaque année à Portugal ?
Dès la 1ère déclaration IRS (avril-juin N+1) et tous les ans :
- Justificatif revenus pensions (relevés CNAV/Agirc-Arrco)
- Justificatif revenus financiers (relevés bancaires/PEA)
- Justificatif loyers français (avis d'imposition France année précédente)
- Justificatifs déductions (factures santé, dons, intérêts hypothécaires)
- Certificat de résidence portugais
Tous les documents peuvent être téléchargés en ligne sur le portail Finanças (format PDF).
Conclusion
La fin du RNH a fermé la porte à une exonération fiscale quasi totale, mais le Portugal reste une destination intéressante pour retraités. Le calcul optimal dépend de votre profil, mais trois points clés émergent :
- CSG-CRDS supprimée compense partiellement l'imposition portugaise pour tous
- Coût de la vie inférieur transforme le bilan global (
